Retour sur la conférence « S'informer à l'ère du numérique »

Publié par Annecy Transition numérique, le 22 octobre 2018   310

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La conférence intitulée « S'informer à l'ère du numérique » du 10 octobre 2018 était animée par Madame Marie Rumignani (Académie du journalisme et des médias de l’Université de Neuchâtel) dans le cadre du cycle de conférences sur la transition numérique organisé par la Ville d’Annecy. Elle a rassemblé une quarantaine de personnes pour des échanges très intéressants sur l'évolution des médias et de nos pratiques informationnelles à l'heure d'Internet.


Pendant près de 20 ans, les médias traditionnels ont eu la même stratégie numérique : ils ont déposé gratuitement sur leurs sites web leurs articles. Aujourd’hui ils se retrouvent aux pieds du mur car leur manière de faire les met en péril à l’ère du numérique. Ils sont alors dans l’obligation de revoir leurs modèles économiques, de se différencier de leurs concurrents, de renouveler leur audience ainsi que de lutter contre les « infox » (en anglais « fake news », fausses informations diffusées) qui sont très répandues et représentent un phénomène qui touche toute la population.


S’informer à l’ère numérique devient une activité complexe. Cela résulte de plusieurs crises : celle des médias traditionnels, liée à celle des rédactions (une diminution des revenus entraîne forcément une réduction des effectifs) qui engendre une crise de confiance croissante envers ces « vieux » médias.

Aujourd’hui, nous assistons à un nouveau virage pour les médias.

Tout d’abord, l’information produite est surabondante, on parle d’infobésité. En effet, chaque jour, la quantité d’information que nous recevons par jour correspond à 174 journaux papier.

Ensuite, cette information est partout, instantanée, disponible sur différents supports et produite 24h sur 24 avec un système de « pushs » (notifications) sur les téléphones portables : c’est inédit dans notre histoire.

Les GAFA - Google, Apple, Facebook, Amazon – jouent un rôle central dans l’écosystème numérique. En effet, 55% de la vie numérique passe par ces 4 plateformes. On parle de 470 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé ce qui représente plus que le PIB de certains États tels que la Belgique.

Enfin, l’information est produite par tous ce qui questionne la légitimité du rôle du journaliste. Ceci est possible grâce aux nouvelles technologies et aussi parce que les médias traditionnels ne réussissent pas toujours à représenter notre quotidien et vision de la vie. D’où l’entrée sur le marché de nouveaux acteurs tels que Mediapart et Bondi Blog.


De plus, les médias classiques se lancent à la conquête des nouvelles pratiques informationnelles, notamment celles des jeunes générations. Ces derniers s’informent grâce aux réseaux sociaux, à leur smartphone et selon la technique du « snacking » c’est-à-dire du picorage d'informations et font davantage confiance à la personne qui partage l’information qu’à la source de celle-ci. Certains médias l’ont bien compris et diffuse de courtes vidéos d’informations telle que « BRUT » ou France Télévision.


Des pistes de développement pour les « vieux » médias ainsi que pour les nouveaux arrivants existent comme par exemple la création d’une offre éditoriale spécifique, distinctive et qualitative ; l’utilisation des potentialités du numérique au service du journalisme et la diversité des formats (comme par exemple le fait le journal « Le 1 ») ; la nécessité de faire valoir la valeur ajoutée du travail journalistique et tout ceci dans le but de répondre mieux aux nouveaux usages.


Le numérique vous intéresse ? Découvrez les autres thèmes abordés par le cycle de conférences publiques sur la transition numérique 2018-2019 en consultant le programme complet (et mis à jour au besoin) sur le site Internet de la Ville d’Annecy.


Photo © Lylla Ninni - Ville d'Annecy