Retour sur la conférence « Les Civic Tech : être un citoyen à l'ère du numérique »

Publié par Annecy Transition numérique, le 22 janvier 2019   120

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Monsieur Thierry Vedel, enseignant-chercheur au CEVIPOF (Sciences Po) a animé la conférence intitulée « Les Civic Tech : être un citoyen à l'ère du numérique » du 21 novembre 2018 organisée par la Ville d’Annecy.

Elle a rassemblé une vingtaine de personnes dans la salle d'animation de la commune déléguée de Pringy.


D'après Wikipédia, la Civic Tech – abréviation de l'anglais civic technology, ou technologie civique – « représente l’ensemble des procédés, outils et technologies qui permettent d’améliorer le système politique. » Ce sont par exemple les forums de discussion, les pétitions en ligne, des plate-formes de suivi de l'activité parlementaire ou gouvernementale.  

L’idée qui accompagne les « Civic Tech » est d’améliorer la démocratie et de permettre aux citoyens de jouir davantage de leurs droits.


Au quotidien, Internet révolutionne la forme de ce qui nous entoure mais le contenu reste similaire. Nous n’assistons pas à une création réelle d’un bien ou d’un service mais simplement à l’apparition d’instruments nouveaux. Ceci permet par exemple aux mouvements sociaux (les "Gilets Jaunes" ont été maintes fois cités) de s’intensifier, de se massifier et de s’accélérer. Mais aussi de renforcer le pouvoir de ceux qui en ont déjà et dans ce sens accentuer les inégalités.


La démocratie présente quatre dimensions importantes.

L’information est au centre de la démocratie. Aujourd’hui, il est nécessaire d’être suffisamment bien informé pour être en mesure de prendre des décisions.

Ensuite, la démocratie met en avant la mobilisation autour d’intérêts communs. Le réseau Internet facilite le regroupement de personnes autour d’idées partagées et permet une économie de temps. Mais il contribue aussi à une nouvelle forme d'activisme, plus pragmatique, plus flexible, plus volatile aussi.

Puis, la démocratie se nourrit de débats. Ces derniers sont favorisés grâce à Internet qui transcende toutes les frontières – géographiques, sociales et culturelles – et qui permet une communication instantanée entre tout individus, éloignés ou non selon ces critères. À y regarder de plus près pourtant, nombre de débats ne sont en fait que des monologues interactifs. Dès lors, sans réelle communication, il est difficile de construire véritablement une raison collective.

Enfin, la construction d’une décision collective est source de démocratie. Couplée avec Internet, nous pourrions envisager par exemple le « vote électronique » - une option qui offrirait des avantages en termes de logistique et de cout . Même de nombreux doutes persistent quant à la sécurité des données personnelles, du dépouillement et des résultats : la confiance dans le vote électronique n'est pas au rendez-vous.


Les citoyens actifs et impliqués dans la démocratie représentent une minorité (15%) de la population. Le réel danger d’Internet est qu’il permet aux citoyens très impliqués au sein de la société de l’être davantage en excluant plus encore ceux qui étaient déjà peu impliqués auparavant. La fracture numérique, s'ajoutant aux autres formes d'exclusion, nous rappelle qu'Internet complexifie le quotidien de nombreuses personnes.


« La puissance de la technique peut-elle suppléer l’impuissance des humains ? » questionne en conclusion l'intervenant.

La technologie – Internet par exemple – ne permet pas de changement radical. La mise en œuvre d'une démocratique numérique butte sur des « vieux problèmes » comme l'éducation à la citoyenneté, la confiance dans les élites ou la difficile transparence des élus. Avec ou sans numérique, lorsque des citoyens ne souhaitent pas être impliqués dans la démocratie, il est très difficile de distordre leur comportement.




Le numérique vous intéresse ? Découvrez les autres thèmes abordés par le cycle de conférences publiques sur la transition numérique 2018-2019 en consultant le programme complet (et mis à jour au besoin) sur le site Internet de la Ville d’Annecy.


Photos © Léonard Gay - Ville d'Annecy et © Quentin Trillot - Ville d'Annecy